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LITTERATURE

Un auteur tortembruchois méconnu :
Toto Rigobert, chef de file de la Poésie Pompier au XIXème siècle
par Bernard de Saint-Antoine, chroniqueur littéraire

Sa vie - son oeuvre (1) - oeuvre (2) - postérité

SON OEUVRE

Le principe de base de Toto, nous l'avons dit, était celui-ci : la bêtise mène le monde, et l'Art se doit de la sublimer. Concrètement, pour être reconnu comme poète pompier, il faut souscrire à deux conditions :
1) la poésie doit être de facture classique, avec une versification impeccable ;
2) le contenu doit en être totalement inepte ; la moindre étincelle d'intelligence doit être impitoyablement pourchassée.
Peu de poètes ont réussi ce tour de force, et Toto lui-même a parfois un peu dérogé à ces règles, nous le constaterons. Mais examinons son œuvre à présent.

Son premier poème répertorié, Toto l'a écrit à l'occasion de son troisième anniversaire. N'imaginons surtout pas qu'il fût un petit génie, un surdoué, un petit Mozart de la poésie, ce n'était pas son genre ! Mais étant né un 29 février, il avait alors 12 ans. On sent dans cette œuvre de jeunesse, à base autobiographique, toute la superficialité qui fera par la suite l'originalité de son art.

 

Le poème majeur de Toto, celui qui a assis sa célébrité, est le suivant. Sonnet à la construction impeccable, mais contenu proprement imbécile ; Toto se complaisait à dire qu'on ne pouvait faire pire dans le genre. Comme toujours, le thème est autobiographique, Toto ayant perdu son chien qui ne supportait plus d'avoir à apporter le journal tous les matins.

Nous l'avons dit, Arthur Rimbaud, génie poétique du XIXème siècle, était le rival, l'ennemi intime de Toto. La publication du chef-d'oeuvre que fut Le Bateau Ivre lui donna un véritable haut-le corps dans lequel il risqua l'attaque d'apoplexie, et il matérialisa son dégoût dans un poème passablement idiot :

Encore une fois, Toto s'efforça de rivaliser avec Rimbaud, qui avait merveilleusement écrit sur l'Aube. Cela donna le dernier sonnet que nous publierons dans ces pages hagiographiques ; c'est aussi le plus faible du lot, puisqu'on y décèle dans le vocabulaire quelques touches indécemment poétiques qui jurent avec l'océan de bêtise dans lequel elles flottent, et même un soupçon d'hermétisme qui évoque lointainement Mallarmé. Nul n'est parfait.

Pour renseignements, avis, critiques, contacts, adhésions,
le Centre International d'Etudes Pompiéristes et Rigobertiennes (CIEPR) 

  La vie de Toto Rigobert -  Son oeuvre (2) -  Postérité

 

© Bernard Bouillon